LAON (Aisne). Les habitants du 13, rue Vinchon ont connu un début de nuit original, samedi soir, avec une alerte à la bombe. Aucune explosion, sauf dans l'esprit de l'auteur.
«Évacuez l'immeuble, j'ai piégé mon appartement et je vais faire tout sauter ! » Lorsque votre voisin vient frapper à votre porte pour vous dire cela, vous n'avez que deux solutions : regarder s'il y a une caméra cachée dans le secteur ou alors, appeler la police pour signaler ce fait.
Samedi soi, vers 20 heures, la jeune voisine de Yannick Félix, un Soissonnais de naissance de 28 ans, habitant du n° 13 rue Vinchon, en ville haute laonnoise, a choisi la seconde.
Une alerte que la police a été obligée de traiter comme plausible, ce qui a provoqué un branle-bas de combat dans les services de secours, de sécurité et du déminage, samedi en début de nuit !
Heureusement, quelques minutes avant 22 heures, le duo de démineurs, après avoir enfoncé la porte de l'appartement du 4e étage, trouvait, certes, des lieux dévastés, mais par le délire hallucinatoire de son habitant - peut-être provoqué, ce soir-là, à la suite d'une brouille avec son amie - et non par le moindre objet suspect du genre « bombinette ».
Une fois le jeune identifié, toutes les personnes présentes comprendront que c'est cet homme, sous curatelle, aux séjours réguliers à l'hôpital psy de Prémontré, n'est pas très net. Pas de fil bleu sur le bouton blanc dans son appartement mais plutôt des fils qui se touchent parfois dans son esprit.
Une première à Laon
Si les forces de l'ordre et le duo de démineurs ne l'ont pas découvert dans son appartement, la BAC (brigade anti criminalité) laonnoise l'interceptera en douceur vers 0 h 45, près de la cité administrative. Un passage rapide en garde à vue, un examen psy et c'est l'hospitalisation d'office dans sa « résidence secondaire » du canton d'Anizy, en fin de nuit.
Deux heures avant ce dénouement heureux, les habitants des environs du 13, rue Vinchon étaient invités à quitter leur logement. Stupéfaits d'apprendre qu'un engin explosif pouvait se trouver au dernier étage d'un immeuble, majoritairement occupé par de jeunes étudiants ou jeunes couples, dont un avec un bébé…
Seul un voisin, grabataire, était maintenu à son domicile. Un périmètre de sécurité était établi par les pompiers qui, de mémoire d'anciens, n'avaient jamais été encore appelés en vingt-cinq ans de carrière sur Laon pour une alerte à la bombe ! « Je me suis demandé ce que c'était quand j'ai reçu le message », glissait l'un des chefs de groupe, avec un sourire, post-levée d'alerte…
À 21 h 50, le duo de démineurs, venu de Monthenault, recevait des mains des policiers un beau bélier. Porte enfoncée, appartement examiné, l'alerte était vite levée. « Il n'y avait plus de courant et l'intérieur de l'appartement a été complètement ravagé par son propriétaire », relatait l'un des spécialistes en explosifs à Grégory Canal, le directeur de cabinet du préfet, venu superviser, avec le commandant Frédéric Soula, cette alerte à la bombe. Dix minutes plus tard, les locataires réintégraient la chaleur de leur appartement. Non sans humour, l'un des voisins avouait « avoir quitté Paris pour la tranquillité laonnoise… »
Stéphane MASSÉ - smasse@journal-lunion.fr
Source : http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/fausse-alerte-a-la-bombe-dans-un-immeuble-de-la-ville-haute